Il était une fois en Amérique (Once Upon A Time in America), Sergio Leone, sorti en 1984.

J'ai vu ce film lorsque j'avais 15 ans. Il n'y a pas "un" film préféré. Il y en a plusieurs et il est toujours difficile de répondre à la question "Quel est votre film préféré ?"

Claude Lelouch avait raison. On ne peut envier les acteurs. C'est un métier si difficile. J'admire la capacité des acteurs à se glisser dans un personnage, jusqu'à l'oubli de soi. 

Quels films ont compté pour moi ? Les Indiana Jones (Les aventuriers de l'arche perdue sort en France le 16 septembre 1981), les Mad Max ou Bolides Hurlants au Québec (réalisé par George Miller et sorti en 1979), Amadeus (Milos Forman - prononcer Miloch, 1984), Tess (Roman Polanski, 1979), Louis de Funès dans Le gendarme à New-York (Jean Girault, 1965) 😉, Il était une fois dans l'Ouest (Once Upon A Time In The West, opus numéro 1, Sergio Leone, 1968), Kramer contre Kramer (Robert Benton, 1979) avec Meryl Streep, Dustin Hoffman. Le film obtiendra pas moins de cinq Oscars. Ne boudons pas notre plaisir, citons Love Story (Arthur Hiller, 1970), Et au milieu coule une rivière (A River Runs Through It, 1992) de et/avec Robert Redford, qui nous a quitté en 2025. Last but not least, Out of Africa (Sydney Pollack, 1985) avec Meryl Streep again et R. Redford dans les rôles titre.

J'ai découvert les "classiques" plus tard. Je suis fan de films "hollywoodiens". Je regarde sans me lasser Casablanca (1942, Michael Curtiz), Sunset Boulevard (1950, Billy Wilder).

Sans plus attendre, ce que je pense de Il était une fois en Amérique. A New York, à la fin de la prohibition (de 1920 à 1933, la vente d'alcool aux Etats-Unis, est interdite par le 21è amendement à la constitution. Sont interdits la fabrication, le transport, la vente, l'importation d'alcool.

Sergio Leone se serait basé sur une biographie écrite par un détenu, à la prison de Sing Sing. Ce nom vient de l'Algonquin, ou d'une déformation du mot "Sinck" ou "Sint Sinck" qui désignait cet emplacement.

Noodles ("Nouilles" incarné par Robert De Niro) se réfugie dans une fumerie d'opium, cherchant à échapper à une fusillade et à la traque de ses camarades par la police. On note la référence en hommage à Sternberg (1814-1979), qui raconte volontiers dans ses mémoires son premier contact avec le métier de monteur. Au cours d'un orage, il cherche refuge auprès d'un homme qui lui apprend les techniques du montage. 

J'aime l'oeilleton par lequel Noodles se souvient de son amour d'enfance (Déborah jeune, Jennifer Connelly) esquissant des pas de danse. Le tout dans un lieu improbable où sont entreposés des sacs de farine. La scène est tournée dans un halo poudré de blanc, le blanc symbolisant la pureté de la jeune fille et la fraicheur des sentiments naissants et unissant ces jeunes enfants. 

Ainsi, les deux personnages principaux, Max (James Woods) et Noodles seront constamment opposés. Le film est "construit sur des flashbacks (retour en arrière) et des flasforwards."

La personnification du pont de Brooklyn, lien entre les quartiers pauvres et riches n'est pas à souligner. Cela fait lien entre upper east side et lower east side. Le plan du célèbre pont reviendra régulièrement hanter la narration.

L'espace temps n'est pas suggéré de façon chronologique. Bien que les faits soient situés entre 1920 et 1968, Sergio Leone s'autorise des sauts dans le temps. Comme le dit Véronique Doduik, les époques sont mélangées. Jean Gili précise dans la revue qu'on ne présente plus, Positif : "Il n'y a pas dans ce film une séquence qui ne s'enchaîne avec la précédente sans reprendre un détail, visuel ou sonore, qu'elle transporte dans un autre espace et un autre temps." 

Par exemple, un coup de téléphone sonnant dans le vide, annonce ou signale un moment dramatique. J'en veux pour exemple la torture gratuite de personnes, dont le viol d'une femme par Max. La femme a beau le traiter de "salaud", c'est l'homme dans toute sa bestialité.

Beaucoup de viols ont lieu et notamment celui d'une jeune fille mineure, prostituée, perpétré par un policier. Noodles et un copain le surprennent, menaçant de le dénoncer. Les féministes ont dénoncé ces viols. Espérons qu'à l'heure actuelle on ne considère plus les féministes comme des "sales connes" (Brigitte Macron à propos des féministes en action). C'était le soir où Ary Abittan se produisait au théâtre.

Enfin, la musique de Ennio Morricone (1928-2020), fil rouge du film est à souligner. Le thème de Déborah (Deborah's theme) revient régulièrement. Mais cette collaboration, la huitième, ne vient pas de nulle part. Sergio Leone (1929-1989) et Ennio Morricone on travaillé sur Pour une poignée de dollars (1964), Le Bon, la brute et le truand (1966), et Mon nom est personne (1973). Morricone aura besoin de 10 années pour composer cette musique, bien avant le début du tournage.

Le tournage dura plus d'un an avec des prises de vues à Rome, Venise et New York,Toronto.  

Certains critiques et notamment la presse française reprochent au film sa complexité. Je ne suis pas d'accord avec Le Parisien qui écrit : "Que de parenthèses inutiles, que de retour en arrière confus, que de voies en impasse, que de déchaînements de violence trop complaisamment étalés."

Par sa façon de décrire la société juive, le film fut critiqué. Le gouvernement d'Israël parla d'une "terrible humiliation".

La réception du film

C'est un fiasco aux Etats-Unis, avec de nombreuses coupes imposées. Les spectateurs américains voient un film tronqué.

En Europe, par contre, les spectateurs ont droit à un film "longue durée" et ce sera un succès critique.

Le coût du film 

L'investissement est de 30 à 40 millions de dollars. Au Etats-Unis, le film ne fit "que" 2,5 millions de dollars de recettes.

Sergio Leone avait passé un contrat avec La Warner, s'engageant à livrer un film de 2 heures 45. Le résultat final sera de 4 heures 25. La major imposera de nombreuses coupes comme évoqué supra (en latin, plus haut).

Sergio Leone a proposé une fresque protéiforme et contrairement aux critiques, c'est un film qui vieillit bien et qui est étudié en faculté de cinéma. Jetez vous sur ce film, n'ayez pas peur de sa durée. Vous entrerez dans un New York onirique et glorieux.

 

Vocabulaire :

-Flashback : Procédé narratif qui introduit une action sous la forme d'un plan, d'une séquence ou d'une scène et qui s'est déroulée avant l'action en cours. 

-Flashforward : Par opposition au flashback, technique de narration consistant en un saut dans le futur.

 

Bibliographie :

-Véronique Doduik, Revue de presse "Il était une fois en Amérique" (Sergio Leone, 1982), la Cinémathèque Française

-Josef von Sternberg, De Vienne à Shangai, Les tribulations d'un cinéaste, Cahiers du Cinéma, coll. "Petite Bibliothèque", 2001

-Revue Positif

-Revue La Cinémathèque française (plus axée sur la Nouvelle Vague, la "politique des auteurs"). Ces revues sont consultables sur internet. 

-Contexte de la phrase malheureuse prononcée par Brigitte Macron : ""Sales connes" : la petite phrase de Brigitte Macron contre des féministes provoque la polémique | franceinfo" https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/sales-connes-la-petite-phrase-de-brigitte-macron-contre-des-feministes-provoque-la-polemique-9492430

 

 

Official trailers : 

-Il était une fois en Amérique

https://youtu.be/tbgOrNuUNjk?si=pYDneoe-UIK3K46R

-Amadeus : https://www.bing.com/ck/a?!&&p=4f8c69e18db3046b340c5077452dca5224c363c2695e0b9dfd233977e1bf84c3JmltdHM9MTc4MzIwOTYwMA&ptn=3&ver=2&hsh=4&fclid=0f7c3fd5-d37d-64aa-3808-28a4d2756590&u=a1L3ZpZGVvcy9yaXZlcnZpZXcvcmVsYXRlZHZpZGVvP3E9YW1hZGV1cytmaWxtJiZtaWQ9NzdCQjhBNTg3ODIzQkFBMEYzOEQ3N0JCOEE1ODc4MjNCQUEwRjM4RCZjaHVybD0mRk9STT1WQU1HWkM

-Tess 

https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=tess%20film&mid=7BA1EE04F388A26788757BA1EE04F388A2678875&ajaxhist=0

-Kramer vs. Kramer

https://youtu.be/tbgOrNuUNjk?si=pYDneoe-UIK3K46R

-Sunset Boulevard

https://youtu.be/ZQWqIA1-kvA?si=evBrL6VppvzWIigc

-Conseils sitographie

-Je recommande le site Sens Critique (www.senscritique.com), si vous cherchez des informations sur les films,

-Ou le site de la Cinémathèque Française (www.cinematheque.fr),

-Wikipédia : Cela peut être utile pour une première impression, mais il peut y avoir des erreurs.